Le deuil de l’enfant


Le deuil de l'enfant


En général, il est délicat pour les adultes d’envisager que l’enfant soit confronté à la mort : que ce soit la perte d’un proche vécue par l’enfant ou la perte de l’enfant lui-même.

Cette difficulté est amplifiée par le contexte dans lequel intervient la mort. De nos jours, la mort intervient souvent à l’hôpital.

Elle est prise en charge par les professionnels, ce qui contribue à exclure la mort de la sphère familiale et du quotidien, et rend encore plus difficile les discussions sur le sujet.

 

Certaines opinions freinent aussi le dialogue sur ces sujets : le bébé serait trop petit pour comprendre, l’enfant ressentirait moins de peine que l’adulte, il pourrait être traumatisé, etc...

En effet, les adultes considèrent qu’en lui cachant une vérité qui pourrait l’angoisser, ils protègent l’enfant et se déchargent de tout un tas de questions embarrassantes.

 

Pourtant, l’adulte peut accompagner un enfant lors de la perte d’un proche même s’il se trouve lui-même en souffrance ou en difficulté. Vous pouvez accompagner votre enfant sur le chemin du Deuil.

 

 

Les caractéristiques du deuil de l’enfant:

 

Selon les âges et selon leur environnement familial, les enfants se font une idée différente de la mort et les étapes du deuil varient en conséquence... De même que la conception de la mort évolue en fonction de l’âge et la maturité de l’enfant.

 

Pour le bébé, il n’existe pas de compréhension intellectuelle de la mort. ce qui ne signifie pas pour autant qu’il n’est pas impacté par ce qu’il se passe.

directement, en vivant la mort de l’autre d’abord comme une absence prolongée puis comme un abandon.

Indirectement, par le fait que les personnes qui s’occupent de lui sont affectées par le deuil.

Il est ainsi touché sur le plan émotionnel et sensoriel.           

 

Les jeunes enfants grandissent avec des croyances qui s’estompent avec le temps (la mort est réversible, contagieuse, elle n’est pas naturelle…)

chaque enfant est unique, et son deuil lui est propre.

La manière dont se déroule son deuil dépend de la façon dont le vit son entourage direct.

Toutefois, on peut dégager les grandes lignes des spécificités du deuil chez l’enfant et l’adolescent

 

L’enfant n’extériorise pas son chagrin comme l’adulte.

Il cherche à protéger l’adulte, si ! si !

Bien souvent il garde pour lui sa tristesse et sa culpabilité quelle qu’en soit le degré.

Il met en acte sa douleur plus qu’il ne la verbalise, et ses émotions fluctuent très rapidement.

Il peut aussi inventer un parent imaginaire, avec qui il va continuer à communiquer le temps d’apprivoiser l’absence définitive du défunt.

 

Comme l’adulte, l’enfant ressent de la tristesse, de la colère, un sentiment d’injustice, de l’insécurité, la peur d’être anormal...

Il souffre de se sentir différent et a peur d’être stigmatisé, entre autre à l’école. 

 

Le chemin de deuil de l’enfant sera mis entre parenthèses et se poursuivra à l’âge adulte, à l’occasion d’autres deuils, ou d’événements particuliers (mariage, séparations, naissance d’un enfant…)

 

Adulte, il fera ses deuils en fonction de l’accompagnement qu’il aura reçu dans l’enfance sur le sujet; ainsi, mieux il aura été accompagné, mieux il pourra faire face à d’autres deuils.

 

 

L'accompagnement:

 

Mieux accompagner son enfant, c’est simplement avancer avec lui tout au long de cette épreuve douloureuse, ce n’est pas devancer ses questions mais y répondre lorsqu’elles se présentent.

 

Un enfant, quel que soit son âge, même tout-petit, n’a pas à être écarté de la Mort et du deuil de l’autre, au même titre que n’importe quel membre de la famille.  

En cas de mort annoncée, il est essentiel non pas d’imposer, mais de proposer à l’enfant de voir son proche et de lui dire au revoir.   

Après un décès, vous pouvez également lui proposer de voir le corps, s’il est présentable et si votre enfant le souhaite, en lui expliquant ce qu’il va voir.  

L’important est que l’enfant puisse être associé et participer aux rituels, à sa manière (en déposant une fleur, un dessin, un objet, en lisant un poème ... ).

 

Vous devez prendre le temps de rassurer et répondre aux questions des enfants, même si elles peuvent être parfois embarrassantes pour vous.

 

Il est essentiel de mettre des mots simples sur ce qu’il se passe, de ne pas hésiter à employer des termes justes et précis tels que « mort » « four » « cendres » « squelette » « je ne sais pas, à ton avis, qu’en penses-tu ? » L’enfant est sensible à l’attention que vous lui prêtez et à l’authenticité des réponses données.

 

Accompagner l’enfant/l’adolescent, c’est prendre en compte ses différents moyens d’expression : le dessin, le jeu, les actes et comportements, etc. C’est respecter ses silences comme son envie d’en savoir plus, son désir de grandir plus vite comme ses régressions passagères.

 

Finalement, pour préserver un enfant en deuil, il ne faut pas le mettre à l’écart, lui cacher la vérité, au contraire !

Il vous faut demeurer à ses côtés pour lui apporter votre soutien et l’accompagner dans ses émotions.

Enfin, osez parler et pleurer et faites pleinement confiance aux ressources de votre enfant et à ses capacités d’adaptation. 


Un Enfant peut-il/doit-il assister à des funérailles ?


Face à la mort, le premier réflexe des parents est de maintenir l’enfant éloigné, pensant ainsi le protéger et l’en préserver.

Pourtant, les enfants ont besoin de faire leurs adieux pour pouvoir commencer leur travail de deuil.

 

Eh oui, face à la perte d’un proche, les enfants aussi sont en deuil.

Il est important pour l’enfant de comprendre que la mort est définitive. Les explications des grands ne sont pas toujours explicites.

Les funérailles sont en cela un bon principe de réalité. Il est donc bien conseillé de permettre à l’enfant d’assister aux funérailles.

 

La cérémonie des funérailles peut permettre à l’enfant (comme à l’adulte) de comprendre et de concrétiser, la disparition du proche.

C’est l’occasion de vivre pleinement cette épreuve, ensemble, l’enfant étant entouré de ses parents et pouvant bénéficier du soutien familial : présence rassurante, paroles réconfortantes, gestes tendres, lectures et hommages en souvenir du défunt…

 

L’enfant, curieux, peut ainsi observer les rituels, prendre le temps de la cérémonie pour assimiler le deuil, se remémorer les bons moments, et pleurer librement, c’est là le meilleur moyen de faire ses adieux à une personne disparue et de s’autoriser à vivre sans elle.

Ainsi, associer l'enfant au deuil de la famille, lui permet d'affronter la réalité tout en profitant d’un entourage bienveillant, attentif et réconfortant.

 

C’est insensé de laisser l’enfant seul à la maison pendant que toute la famille assiste à la cérémonie des funérailles. L’enfant pourrait le vivre comme une punition, comme un isolement et son imagination le bercera d’illusions plus ou moins néfastes autour du décès.

 

L’enfant a BESOIN que les choses soient claires et pour cela sa présence aux funérailles/ à l'enterrement est très souhaitable.

L'enfant doit pouvoir pleurer, se fabriquer des souvenirs, faire son deuil, au moins autant que les adultes, sinon, comment pourrait-il se construire? L’enfant a parfois aussi envie d’être aux côtés de ses parents, pour les soutenir.Car l’innocence, la fraîcheur et la vie qui émanent d’un enfant sont une source de courage et d’énergie pour les endeuillés.

 

On a longtemps pensé qu’il fallait protéger les enfants des réalités trop dures de l'existence.

Ce genre de réflexe ne fait que repousser le moment où l'enfant devra affronter, plus ou moins seul, la réalité.

 

NÉANMOINS, avant de l’emmener avec vous, tout d'abord, racontez-lui ce qu'il va voir, s'il assiste à l'enterrement : morgue, cercueil, corps froid et raide, cercueil fermé, messe longue, proches qui pleurent, fleurs, trou dans la terre, cercueil qui rentre dans le four, etc...

Laissez-le réagir, observez-le, répondez à ses questions, expliquez-lui les choses avec des mots simples.

 

Ensuite, demandez-lui s'il souhaite venir et en fonction de ses réactions, évaluez si cela est préférable de l'en dispenser, et expliquez-lui pourquoi.

Car il est évident que chaque enfant est unique et seule son émerveilleuse peut déterminer ce qui est bon –ou non- pour lui.

 

Même s'il est important qu'il puisse dire au revoir, il faut lui préciser qu’il n’est pas obligé de venir, qu’il y a d’autres moyens de faire ses adieux (aller au cimetière ou au jardin des souvenirs, déposer des fleurs, allumer une bougie, faire une prière…) que c’est bien LUI qui décide s’il veut assister ou non aux funérailles.

N’hésitez pas à détailler ce que vous attendez de lui durant cette cérémonie (il va devoir se tenir correctement, ne pas courir partout dans l’église, rester silencieux et ne pas bouger… c’est long une messe ! rester près de vous ou à côté d’un proche…).

 

Quoiqu’il en soit, s’ils viennent avec vous, prévoyez un Plan B, prévoyez de sortir discrètement de l’église parce que votre petit fait du bruit, prévoyez quelqu’un qui puisse le garder le temps de la cérémonie s’il change d’avis au dernier moment.

Prévoyez d’être disponible pour lui: observez ses réactions, encouragez-le, félicitez-le, soutenez-le, embrassez-le, prenez-le dans vos bras, et accompagnez-le chaque instant.

Par ailleurs si les émotions vous submergent, pensez à rassurer votre enfant, rassurez-le sur votre état à vous, expliquez-lui pourquoi vous pleurez, pourquoi cela vous fait du bien de pleurer, aillez des gestes tendres, qu’il saura vous rendre… 


En pratique : 


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