Un dernier bébé


Nous avons pris la décision d’avoir un bébé, un autre bébé, un dernier bébé.


Pourquoi ne pas se contenter de quatre enfants ? C’est déjà beaucoup de travail, de fatigue, de concessions et de sacrifices… Alors, pourquoi s’en rajouter ?

Lorsque nous parlons de notre projet à notre entourage, les réactions sont variées et très intéressantes.

Tout d’abord, il y a les proches qui s’inquiètent pour ma santé de maman allaitante inconsciente, et puis il y a ceux qui nous font remarquer ce que ça coûte à la société.

Il y a aussi ceux qui nous font la morale, parce qu’avec déjà quatre enfants à la maison, on ne se rend pas compte de ce que ça représente d’avoir un enfant !  (Allons !)

Il y a encore ceux qui sont amusés, ou ceux qui se réjouissent pour nous ou bien ceux qui sont impressionnés (« Comment tu fais !? Moi, j’pourrais pas ! »)

Il y a évidemment les mamans qui, justement, en veulent aussi un de plus. Et puis il y a les envieuses, celle qui se justifient, comme si elles s’excusaient de n’avoir pas eu pleins d'enfants et qui me reprochent de le faire à leur place, qui s’agacent de la chance que j’ai et que je ne mérite peut-être pas, en fait.

 

C’est vrai que j’ai de la chance…

 

Pour moi c’est un rêve de petite fille d’avoir cinq enfants, peut-être est-ce lié à mon histoire: aux maltraitances, à l’abandon, à la solitude… peu importe! j’ai toujours rêvé d’être maman et d’avoir cinq petites têtes blondes à élever. Mais pas question de faire un enfant toute seule ! Je crois que pour qu’une grossesse se passe bien et qu’un futur enfant se sente bien, il faut qu’il ait été désiré et pour qu’il s’épanouisse il lui faut des parents qui s’aiment, alors ce sera au papa de décider de réaliser mon rêve de petite fille ou non.

 

J’ai rencontré par hasard un homme merveilleux, l’Homme de ma vie. Au début, il n’était pas sûr de vouloir plus de deux enfants à la maison. Et puis au fil du temps, nous avons partagé le bonheur et les galères de la parentalité, nous avons appris ensemble à aimer éduquer nos enfants, nous nous sommes amusés et finalement, nous étions si fiers de nos aînés que mon homme a désiré un troisième, puis un quatrième enfant.

 

 

Nous avons évalué notre budget mille fois, nous nous sommes pacsés ("pour payer moins d'impôts") et nous avons déménagé.

Ainsi débuta la grande Organisation: nous avons anticipé et calculé les frais de garde ou le congé parental (la CAF, ma meilleure amie !), les « au cas où » avec la mamie pas loin et les voisins sympas, nous avons fait un crédit pour changer de voiture, nous avons écrit une lettre à la cigogne avec les aînés et prévenu nos employeurs (il faut se réjouir d’un congé de plusieurs années sur un job qui nous plait beaucoup, former  sa remplaçante, quitter les familles, etc… pour se consacrer exclusivement à ses propres enfants et leur papa…) Nous avons encore récupéré du matériel de puériculture : un lit bébé, un lit superposé, des jouets, des vêtements, des transats, (agréablement surpris par la générosité de notre entourage) nous avons acheté les détails (biberons, linges, draps, sac à langer, alaises, tapis de jeux, tapis de douche, baignoire, etc!…) ainsi qu’une poussette, puis une poussette double, des sièges auto…

Nous avons déplacé les meubles dans la maison une vingtaine de fois et mis des barrières de sécurité partout; nous avons pris des dizaines de rendez-vous avec des gynéco, sages-femmes, pédiatres. Nous avons demandé l'intervention d'une aide à domicile jusqu'au six mois du dernier...

Nous avons affiché des règles de Vie dans toutes les pièces, mis en place des rituels, des plannings et des menus …

 

 

Bon, eh bien voilà, nous sommes parents de quatre petits garçons.

L'Amour créé la Joie; il donne l'envie, la confiance, la force et le courage, il grandit et se multiplie à l'infini. C'est pourquoi, mon homme merveilleux a pris la décision de me combler et de me faire un bébé, un autre enfant, notre petit dernier...

 

Nous sommes déjà parents de quatre petits garçons, alors pourquoi pas cinq ? 

 

 

 

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